Heures supplémentaires volontaires étendues : jusqu'à 360 heures par année civile possible
Depuis le 1er avril 2026, les entreprises disposeront d'une plus grande flexibilité pour faire face aux pics de charge de travail. En effet, le nombre d'heures supplémentaires volontaires est structurellement porté à 360 heures par année civile et par salarié. Il s'agit d'une solide expansion par rapport au régime précédent, et il est donc important de bien comprendre ce que cela signifie concrètement pour votre organisation.
Sur ces 360 heures, 240 sont particulièrement intéressantes : elles peuvent être payées nettes, sans cotisations sociales ni impôts. Remarque : si votre salarié a déjà effectué des heures supplémentaires dites de relance dans la période du 1er janvier au 31 mars 2026, elles seront déduites de ces 240 heures nettes.
Un petit clin d'œil s'impose. La loi de programme introduisant cette mesure n'a pas été définitivement approuvée par le parlement à ce stade. Vous pouvez néanmoins appliquer le régime dès maintenant. Elle sera ensuite confirmée rétroactivement.
Deux types d'heures supplémentaires, deux régimes
Le nouveau système se compose de deux parties distinctes, chacune ayant ses propres règles et son propre impact financier.
Un premier paquet comprend 120 heures supplémentaires volontaires "normales". Pour cela, les règles classiques du jeu s'appliquent. En tant qu'employeur, vous payez une prime d'heures supplémentaires de 150 % ou 200 %, selon le moment où les heures supplémentaires sont effectuées. Ces heures sont soumises à des cotisations sociales et à des impôts. Elles ne donnent pas droit à la récupération et ne sont pas prises en compte dans la limite interne du temps de travail.
Il existe également un paquet plus important et plus intéressant de 240 heures supplémentaires volontaires qui peuvent être payées nettes. Aucune prime d'heures supplémentaires n'est due pour ces heures et elles sont exonérées de l'ONSS et de l'impôt. Là encore, aucun repos de rattrapage n'est prévu et les heures ne sont pas prises en compte dans la limite interne. A noter : votre employé ne doit pas d'abord utiliser les heures supplémentaires "normales" pour bénéficier de ce régime favorable.
L'accord écrit reste obligatoire
Les heures supplémentaires volontaires, comme leur nom l'indique, ne sont pas facultatives. Vous ne pouvez les appliquer que si votre employé y consent explicitement. Cela se fait par le biais d'un accord écrit individuel entre vous et votre employé.
Cet accord est valable pour une durée maximale d'un an et est automatiquement renouvelé, sauf si l'une ou l'autre des parties y met fin. Vous et votre employé pouvez le faire à tout moment, avec un préavis d'un mois.
Salariés à temps partiel
Le régime n'est pas limité aux salariés à temps plein. Les travailleurs à temps partiel peuvent également effectuer des heures supplémentaires volontaires, mais les conditions sont plus strictes.
Par exemple, le salarié ne peut pas prendre de crédit-temps ou de congé thématique. En outre, il doit en principe avoir travaillé à temps partiel chez le même employeur pendant au moins trois ans, et il doit y avoir une augmentation temporaire du travail. Si cette ancienneté de trois ans n'existe pas encore, elle n'est possible que si un accord volontaire sur les heures supplémentaires existait déjà au moment de la publication de la loi au Moniteur belge.
Qu'est-ce que cela signifie pour vous en tant qu'entrepreneur ?
En tant que propriétaire d'entreprise, l'expansion vous donne plus d'espace pour agir rapidement en cas de forte activité, sans avoir à recruter immédiatement du personnel supplémentaire. Les 240 heures supplémentaires nettes, en particulier, le rendent financièrement intéressant, tant pour vous que pour votre employé.
En même temps, il reste important d'appliquer correctement les règles du jeu. Vous ne pouvez pas bénéficier de ce régime sans accord écrit, et les conditions pour les travailleurs à temps partiel requièrent également une attention particulière.
Ainsi, si vous êtes intelligent, ce nouveau règlement vous permet de répondre de manière flexible et rentable aux fluctuations de la charge de travail.


